LA SITUATION AU CANADA

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LA SITUATION AU CANADA

Message par Smith Wesson et Moi le Dim 25 Nov - 13:10

La réglementation des armes est un sujet d'actualité au Canada depuis plusieurs années sur fond de registre des armes, institué puis annulé sur le plan fédéral, puis remis en vigueur dans la province du Québec avec un recours contre cette loi...
La question est appelée à prendre une place majeure dans l'actualité des élections législatives de 2019, alors que le Premier Ministre Trudeau envisage un "gun ban" total sur les armes de poing et les fusils d'assaut (dont la définition comprend aussi les fusils semi-auto à chargeur amovible).

Voici un article intéressant sur cette actualité (traduction automatique) :

https://www.economist.com/the-americas/2018/11/17/canada-debates-a-gun-ban

Lorsqu’un homme portant un fusil a été accusé devant le Parlement du Canada en 2014, Michelle Rempel, une politicienne conservatrice, faisait partie des personnes qui ont fui d’une salle de caucus alors que des coups de feu retentissaient autour d’eux. Les gardes de sécurité ont tué l'intrus, qui avait abattu une sentinelle à l'extérieur.

Profondément perturbée par l’attaque, Mme Rempel s’est interrogée sur l’affirmation d’un ami selon laquelle une interdiction des armes à feu aurait pu l’empêcher. Elle a exploré les règlements, étudié les données sur la criminalité et est parvenue à une conclusion inattendue. La jeune politicienne de l’Alberta a acheté une arme de poing, s’est jointe à un club de tir sportif et est devenue le plus important défenseur de la possession d’une arme à feu au Canada - en tant que passe-temps responsable, dit-elle.

Mme Rempel est à l’avant-garde d’un débat qui prend de l’urgence. En juillet, un homme armé a tué une femme de 18 ans et une fille de 10 ans et blessé 13 autres personnes dans une rue commerçante de Toronto. En 2017, un bigot a tué six fidèles et en a blessé 19 dans une mosquée de la ville de Québec.

Les conseils municipaux de Toronto et de Montréal ont demandé au gouvernement fédéral, qui réglemente les armes à feu, d'interdire toutes les armes de poing et les fusils d'assaut. Le Premier ministre libéral, Justin Trudeau, a chargé Bill Blair, un ministre de la Sécurité, d’examiner une «interdiction totale». L'ancien chef de police consulte les Canadiens. En même temps, le Parlement étudie un projet de loi, le C-71, qui resserrerait la vérification des antécédents et la conservation des dossiers. Le débat autour de ces propositions contribuera à façonner les élections législatives prévues pour octobre 2019.

Le débat sur les armes à feu au Canada diffère de celui des États-Unis. Les Canadiens, contrairement aux Américains, n'ont aucun droit constitutionnel de porter des armes. La vente et la possession d’armes à feu sont autorisées mais strictement réglementées. Les acheteurs doivent se soumettre à des vérifications des antécédents, suivre des cours de sécurité et obtenir un permis séparé pour transporter des armes à feu. Le processus prend souvent des mois. L'achat d'une arme à feu pour l'autodéfense n'est autorisé que si les acheteurs peuvent démontrer que la police ne peut pas les protéger. Le Canada n'a délivré que deux permis de ce type.

Malgré ces obstacles, le Canada détient le cinquième plus haut taux de possession d’armes à feu sur 56 pays: 34,7 pour 100 habitants, selon le Small Arms Survey, basé à Genève. C’est loin derrière le taux américain de 120,5 mais supérieur à celui de l’Allemagne, de la France et du Mexique. Classé par le nombre de décès dus aux armes à feu par rapport à la population, le Canada se situe au 107ème rang sur 195 pays, selon l'Institute for Health Metrics and Evaluation de Seattle. (Les États-Unis sont 20ème.)

Pourtant, la discussion du Canada sur les armes à feu devient de plus en plus américaine. Les horreurs telles que les meurtres du 7 novembre de 13 personnes à Thousand Oaks en Californie et de 11 personnes dans une synagogue de Pittsburgh le 27 octobre bénéficient d'une couverture à saturation. Les Canadiens qui utilisent des armes à feu utilisent des arguments raffinés aux États-Unis, notamment la nécessité de les posséder pour se défendre. Les militants anti-armes ont invoqué les fusillades américaines comme un argument en faveur de l'interdiction.

Des groupes représentant les 2,2 millions de propriétaires d’armes à feu autorisées au Canada affirment que les réglementations concernant l’achat, le stockage et le transport d’armes à feu sont suffisamment strictes. Selon Tracey Wilson, de la Coalition canadienne pour le contrôle des armes à feu, le seul lobbyiste spécialisé dans les armes à feu (les États-Unis en comptent plus de 11 000), de nouvelles restrictions ne rendraient pas le public plus sûr. Mme Rempel, qui était ministre chargée de la diversification économique dans l'ouest du Canada lorsque le Parlement a été attaqué, a déclaré que la vérification des antécédents judiciaires de la police requise pour obtenir un permis était plus approfondie que le contrôle qu'elle avait subi pour rejoindre le Cabinet. Elle a attendu une année pour approbation. «Vous pouvez interdire mon équipement de tir sportif, mais cela ne va pas supprimer les armes de poing utilisées dans des crimes violents», a déclaré Mme Rempel.

Certains responsables de l'application de la loi sont d'accord. Brenda Lucki, qui en tant que commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, n’est pas sûre que l’interdiction soit la solution. Le président du syndicat des policiers de Toronto a déclaré qu'une interdiction des armes de poing aurait peu d'impact sur les criminels. Le Canada ne dispose d'aucune donnée nationale sur l'origine des armes à feu utilisées pour commettre des crimes. La police ne peut donc pas dire combien d'entre eux sont passés en contrebande des États-Unis et combien sont achetés ou volés au Canada.

Les propriétaires d'armes disent que ce sont eux qui sont traités comme des criminels. Les agriculteurs, qui utilisent des fusils pour abattre des ravageurs et des prédateurs, sont particulièrement lésés. Bien que l'interdiction proposée s'appliquerait probablement uniquement aux armes de poing et aux fusils d'assaut, les agriculteurs craignent que cela n'entraîne davantage de restrictions. Selon eux, la campagne anti-armes à feu est un exemple des «élites du centre-ville qui leur donnent des conférences», déclare Darrell Bricker, de l'orthographe Ipsos.

Nicolas Johnson, un chasseur qui écrit TheGunBlog, s'inquiète généralement lorsque des Canadiens voient une arme à feu dans un film, à la télévision ou dans les nouvelles, pour commettre un crime. «En tant que communauté, nous avons fait un très mauvais travail en termes de communication. Il s'agit d'une activité légitime, commune et sûre», a-t-il déclaré. Les propriétaires d'armes cherchent à améliorer leur image. Le groupe de Mme Wilson publie un calendrier Gunnie Girl montrant des femmes chassant et tirant pour le sport.

Cela n'impressionne pas les prohibitionnistes. Wendy Cukier, présidente de la Coalition pour le contrôle des armes à feu, a déclaré que les arguments en faveur des droits des armes à feu étaient des importations américaines sans fondement dans la loi canadienne. Les Canadiens peuvent acheter le fusil semi-automatique ar-15 utilisé par les meurtriers aux États-Unis, a-t-elle précisé. Son groupe, créé à la suite de l'assassinat de 14 étudiantes à Montréal en 1989, par un homme armé, milite pour que le projet de loi C-71 proposé soit plus restrictif que pour imposer une interdiction. Elle a reçu des menaces de mort, notamment une photo de son visage avec une cible superposée.

À l’instar des républicains aux États-Unis, le Parti conservateur de l’opposition canadienne bénéficie du soutien des districts ruraux. Le dernier gouvernement conservateur, qui a quitté ses fonctions en 2015, a mis fin au registre des armes à feu mis en place par un gouvernement libéral. Le 11 octobre, Mme Rempel a parrainé une pétition électronique invitant le gouvernement à supprimer le projet de loi C-71 et l'interdiction proposée et à respecter les Canadiens «respectueux de la loi». Plus de 28 000 personnes l'ont signé.

Les deux parties testent déjà des arguments anti-crime pour le vote de l’année prochaine. Le 8 novembre, le gouvernement libéral a annoncé que des dépenses supplémentaires de 86 millions de dollars canadiens (65 millions de dollars) seraient consacrées à la sécurité et au renseignement aux frontières pour lutter contre les gangs et les crimes commis avec une arme à feu. Les conservateurs veulent allonger les peines de prison des membres de gangs et rendre plus difficile leur libération sous caution ou leur libération conditionnelle.

La répression exercée par les libéraux sur la possession d’armes à feu peut leur donner un avantage. Un sondage réalisé cette année, avant la fusillade à Toronto, a révélé que la plupart des Canadiens étaient favorables à une interdiction des armes de poing. Un groupe encore plus important veut interdire les fusils d'assaut comme l'ar-15. M. Blair prévoit de poursuivre ses consultations jusqu'à la fin de 2018, ce qui signifie que le Parlement débattra de l'interdiction l'année prochaine. Les Canadiens vont donc probablement parler d'armes à feu alors qu'ils se préparent à voter. M. Trudeau, qui espère être réélu, s'en réjouira probablement.
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Re: LA SITUATION AU CANADA

Message par Smith Wesson et Moi le Lun 26 Nov - 9:58

Quelques pistes d'interprétation :
C'est encore une fois un parti qui se dit libéral, on dirait ailleurs progressiste, social-démocrate, qui vise d'abord la limitation de la circulation des armes à feu légales pour tenter d'obtenir une interdiction totale dans l'avenir...
Il s'appuie sur le lobby bien-pensant des anti-armes, des gens dont il n'est pas question de douter a priori de la bonne foi, mais dont l'idéologie prohibitionniste les conduit à proposer de mauvaises solutions...on sait que la prohibition, quelle qu'en soit le sujet, est à la fois inefficace et perverse en ce qu'elle favorise à la fois des revenus colossaux pour les mafias et, par définition, l'absence de contrôle étatique...
Il est souhaitable que l'Etat joue un rôle de régulateur social, en assurant le contrôle de certaines activités...
Si la légalité d'une activité est niée par l'Etat, la puissance publique n'empêche pas la réalité de celle-ci, elle nuit seulement à sa capacité de contrôle et de surveillance...
Le Canada hésite depuis des années sur la question des armes, mais on sait bien que le pouvoir politique, surtout quand il ne trouve pas de solutions aux problèmes, a intérêt à décaler le débat sur une question comme la détention légale des armes à feu...
Trudeau, le bon ami de notre Président, pourrait ainsi suivre le chemin tracé par la France ces dernières années...
Incapable de trouver des solutions pour lutter efficacement contre le terrorisme, le Gouvernement français n'a pas hésité à lancer une croisade contre les propriétaires légaux d'armes à feu...
Incapable de proposer des solutions d'avenir aux problèmes écologiques, il lance aussi une croisade contre la classe moyenne rurale ou péri-urbaine, qui utilise sa voiture et se chauffe au fioul...
Au Canada également, quand le Gouvernement attaque les propriétaires légaux d'armes à feu, c'est la ruralité qui est visée en premier lieu...
La gentrification du débat politique, d'aucuns diraient la boboisation, croît dans la plupart des pays occidentaux, avec un certain nombre de conséquences...
La différence majeure de la France avec d'autres pays, comme le Canada, les Etats-Unis, le Brésil, la Suisse, la République tchèque, l'Italie..., c'est que la question de la réglementation des armes, de l'accès des citoyens à la propriété légale des armes à feu, du port d'arme, de la légitime défense, ne font pas partie du débat public...
Ces questions ne sont pas abordées lors des campagnes électorales et, lorsqu'elles sont débattues au sein du Parlement, elles n'obtiennent aucun écho médiatique...
C'est un problème crucial qu'il nous faudrait traiter...
Comment faire bouger les choses ?
Comment les lobbies pro-armes font bouger les choses dans leur pays ?
Vaste sujet...
Peut-être que ces sujets viennent naturellement dans le debat politique ailleurs, alors que notre démocratie sclérosée ne peut les aborder ?
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